Ce que l’on aime et ce que l’on déteste chez les vendeurs

By Annie Joan Gagnon

Août 19

Laissez-moi vous parler de mon expérience avec certains vendeurs afin de vous éclairer sur ce que j’aime et sur ce que je déteste chez ceux-ci.
D’abord, le métier de vendeur est très particulier. On peut apprendre certaines techniques dans la vente, mais de toute évidence, il y a des gens qui ont ça dans le sang. Je pense au père de mon amie Karine, Jean, qui est expert dans la vente des voitures. Il a travaillé toute sa vie chez différents concessionnaires pour faire vivre sa grande famille de sept enfants.
Ce que j’aime chez un vendeur, c’est qu’il ne me mette pas de pression pour acheter. Par exemple, lorsque nous avons voyagé sur l’île de Bali, mon mari voulait magasiner des T-Shirts. Alors que nous étions dans un marché extérieur, les vendeurs étaient si insistants qu’ils nous ont fait fuir. Finalement, nous sommes partis bredouille car nous n’avions aucune envie de nous sentir piégés. La meilleure approche, à mon avis, est celle du vendeur en total harmonie avec son produit. Au début de l’été, j’étais en voyage au Québec. Mon ami Sylvain, un grand mélomane, m’a fait découvrir un endroit qui m’était jusqu’alors inconnu. Il s’agit d’une boutique, à Beloeil, où l’on vend des systèmes de son et des cinémas maison. Quand je suis entrée dans la première pièce, j’ai laissé Sylvain s’affairer aux casques d’écoute ultra perfectionnés, mais j’ai observé l’attitude du vendeur. Tout ce qu’il faisait, c’est qu’il donnait des explications. Que mon ami achète ou pas, ça ne semblait pas le tirailler. À un certain moment, je me suis dirigée vers une autre salle où il y avait un immense écran. Moi qui suis folle de cinéma, j’ai commencé à poser des questions à un autre vendeur qui m’a simplement demandé si je désirais tenter l’expérience du cinéma maison. Il m’a invitée à m’asseoir dans un des deux grands fauteuils confortables.
Il a éteint toutes les lumières et a mis un film qui débutait avec une action captivante. J’avais l’impression de posséder une salle de cinéma à moi toute seule. Au bout de la séquence, je n’en pouvais plus, je me suis levée d’un coup, je suis allée voir Sylvain et je me suis exclamée :
-Il me faut ce cinéma!
Ce n’est pas un achat que j’envisage tout de suite, mais lorsque je serai prête, je saurai où aller. Les deux vendeurs n’ont pratiquement rien dit, mais Sylvain est sorti avec ses écouteurs et moi, j’ai été conquise par la qualité de ce qu’ils offraient.
J’ai vécu une autre petite anecdote la semaine dernière. J’étais à Altena pour le festival médiéval qui se donne au château une fois par an.

184053_2083654043218_1441284_n[1]  267235_2083650603132_2635642_n[1]

C’est un rituel pour moi et j’y fais, à chaque fois, beaucoup de trouvailles. Cette année, j’avais envie de me procurer un bijou. J’aime beaucoup les pierres. Je me suis avancée devant un kiosque en compagnie de mon amie Martina.

285519_2083640402877_837767_n[1]

Il y avait là un magnifique bracelet en pierres d’œil de tigre. J’ai demandé le prix à la vendeuse.
-Essaye-le!
-Mais, quel est le prix?
-Essaye-le!
Je trouvais cela un peu étrange qu’elle ne veuille pas répondre à ma question. Elle s’est presqu’immédiatement détournée de moi. Je lui ai dit alors :
-Oui, je veux bien l’essayer.
-Ah bon? me dit-elle comme si elle était surprise.
Pendant que j’essaye le fameux bracelet, elle s’entretient avec Martina en parlant de moi :
-C’est une francophone.
J’interviens alors en affirmant :
-Dieser Stein gefällt mich sehr (cette pierre me plaît beaucoup).
J’ai fait une simple erreur de cas. En allemand on utilise le datif pour l’objet indirect (cette pierre plaît à qui? à moi). En disant « mich » j’ai employé l’accusatif donc l’équivalent de notre COD en français (complément d’objet direct). C’est alors que cette vendeuse me corrige comme si je portais la honte sur moi :
-Gefällt MIR!
J’ai regardé Martina, je lui ai demandé si elle avait faim. Cette dame venait de perdre sa vente. Et quand nous sommes repassées devant le kiosque plus tard pour reprendre notre chemin, Martina m’a demandé :
-Tu n’achète pas le bracelet?
-Bien non. La vendeuse ne me plaît pas. Sie gefällt MIR NICHT!
Vous comprendrez que, pour moi, la personnalité du vendeur ou de la vendeuse joue un rôle déterminant. Elle peut influencer mes émotions et celles-ci envisagent souvent mes achats. Tout le monde n’est pas comme moi. Un acheteur plus pragmatique ne se serait pas nécessairement arrêté à l’attitude de cette dame s’il avait vraiment voulu le bracelet. Mais dans mon cas, j’attache beaucoup d’importance à la sensation vécue en me procurant l’objet que je convoite.
Alors chers vendeurs, de grâce, ne soyez pas si familier avec des clients qui se présentent à vous pour la première fois. En revanche, une convivialité est de mise et l’on apprécie le fait que vous vous souvenez de nous lorsqu’on revient vous voir. Comme dans le conte du Petit Prince de St-Exupéry, on est toujours responsables de ce que l’on apprivoise. Alors apprenez à connaître vos clients!

Commentaires

commentaires